24 mars 2005
Le Chêne
Plus que le roi de la forêt, le chêne est bien l’arbre des rois, des rois et des guerriers. Il occupe une place d’honneur dans l’imaginaire européen aux côtés de l’aigle, de l’ours et de la hache. Ce qu’est réellement le chêne, seules les sciences traditionnelles nous permettent de le savoir et de le “voir”. Ces sciences sont inépuisables, et seul un survol de leur contenu sera ici esquissé. A chacun ensuite de chercher le chêne sur lequel pend la Toison d’or…
Kaer quez, « bel arbre » : tel était le nom du chêne pour les celtes. A lui seul ce nom nous évoque l prestige et l’estime qui entouraient cet arbre. La charge symbolique du chêne était considérable et il est d’ailleurs tenu comme ayant été le principal arbre sacré d’Europe. Il était pour les Grecs drus, l’arbre par excellence, l’essence qui incarne mieux que toute autre les aspects fondamentaux du symbolisme général de l’arbre. Ce sont ces aspects généraux que nous étudierons tout d’abord afin de mieux saisir par la suite les aspects plus spécifiques au seul chêne. Nous ne développerons pas de partie spécifique pour la symbolique du chêne du point de vue de la caste des « producteurs », donc sur l’aspect fécondité, car il fut plus marginal. Nous y ferons tout de même référence au fil du développement.

L’arbre du monde
L’arbre cosmos
Le plus répandu des symboles était l’arbre comme image du cosmos. Celui-ci doit être rattaché aux grands mythes cosmogoniques et à l’enseignement qu’ils transmettent : le monde fut tiré du chaos (caos) grec, du Ginnungagap nordique, puis ordonné selon un ordre divin en plusieurs “sphères” hiérarchisées. L’arbre se prête naturellement à devenir le symbole de ce monde :
par l’enfouissement de ces racines, par le jaillissement de son tronc et par le déploiement de
ces branches, il relie les trois étages du cosmos ordonné, Ciel, Terre et « Enfers ». Il était également l’image de la société hiérarchisée en castes.
L’arbre cosmique, lien des trois mondes. Il symbolisait le cosmos vivant et son
évolution cyclique, mort et régénération, et, simultanément par sa longévité, la
pérennité de l’existence cosmique. Dans de nombreuses mythologies, des
reptiles rampent entre ses racines et des oiseaux volent dans sa ramure.
C’est ainsi qu’il relie le monde chtonien et le monde ouranien. Il réunit en lui tous les éléments :
l’eau circule avec sa sève, la terre s’intègre à son corps par ses racines, l’air par ses feuilles et le feu jaillit de son frottement.
Toujours en tant qu’image du cosmos, nous rencontrons chez Dante, un arbre « renversé », présent également dans la mythologie lapone et scandinave, qui symbolise l’origine céleste du
monde, qui prend ses racines au ciel. Cet arbre est également selon R. Guénon le symbole du monde comme reflet d’une réalité supérieure.
Ce symbole de l’arbre comme cosmos jouait un rôle très important chez les anciens, car il était
un incessant rappel du Un-le-Tout (grec en to pan), de l’univers compris comme un Tout divin et
de la place exacte que l’homme y occupait. L’arbre se situait donc au coeur des trois
mondes qu’il incarnait également, et dans lesquels il jouait un rôle éminemment actif de soutien face au chaos : il était l’axis mundi, l’axe du monde.
L’arbre comme axis mundi
L’étymologie même du mot arbre nous rappelle un des aspects fondamentaux de son
symbolisme : « du latin arbor, […], sens métaphorique « mât », « axe » ». Ce symbolisme de l’arbre comme axe du monde fait appel à des conceptions métaphysiques qui
aujourd’hui nous sont devenues totalement étrangères : ce sont les notions de verticalité et de
centralité. La verticalité est le symbole de l’ascension, de l’élan vers le céleste et l’infini. L’arbre est le symbole de cette croissance incessante vers le ciel, croissance que poursuit également l’homme dans sa quête initiatique. Mais l’arbre est plus que
simple verticalité puisqu’il est l’axe du monde : il se situe en son centre. Cette situation
de centralité, en fait l’origine de la vie, du mouvement du monde, tel le moyeu qui entraîne la roue. Il est le support, le soutient du monde. Mais
il est plus : sa situation de centralité en fait l’image de l’être face au devenir, l’image du moteur immobile dont parle Aristote. En effet le monde soumis au devenir est représenté par
la périphérie de la roue qui est en mouvement autour de l’axe alors que celui-ci reste
immobile et symbolise l’être. Telle est la valeur symbolique que revêt l’arbre Yggdrasil de la
tradition nordique et dont est potentiellement investit tout arbre : c’est l’arbre cosmique, situé
au pôle, qui représente l’état primordial de l’homme dans l’être, en opposition au monde
fébrile et instable du devenir. Ces considérations difficiles d’accès pour nos esprits modernes sont
tout à fait capitales, car elles nous renseignent sur le poids que possédait un symbole comme l’arbre dans les sociétés de nos ancêtres. Nous pouvons mieux saisir dans quelle mesure l’arbre sacré d’un village, d’une cité, était le garant de la stabilité, etque le fait de l’abattre était un véritable coup porté à l’ensemble du “monde” qu’il couvrait. L’arbre fut donc à la fois l’image du monde, le lien – l’échelle – entre les différents niveaux de ce monde, l’origine et le garant de la stabilité du monde, et enfin et surtout l’image de l’être en opposition au devenir. Cette image de l’être en fit également un symbole de vie.

L’arbre de vie
L’arbre et la vie humaine
Une forte identification entre l’arbre et l’homme est visible dans toutes les traditions
européennes. Elle vient probablement du fait que l’homme comme l’arbre se tiennent « debout »
(vertical, cf. précédemment ), qu’ils tentent sans cesse de croître vers des régions célestes, et enfin et surtout que l’arbre comme l’homme accompli
sont des images de l’être. Il existe ainsi de nombreux récits de mythologie dans lesquels les
hommes sont associés aux arbres : dans la tradition nordique, l’homme et la femme furent
créés par le dieu Odhinn à partir de deux arbres, et les héros, comme le rappelle R.Boyer, sont très
souvent désignés dans les Eddas par des noms d’arbres. Dans la tradition celtique,
l’un des récits principaux est le Câd Goddeu, ou « la bataille des arbres ». Dans ce récit, il est
question de deux peuples, le peuple des Tuatha de Danaan et celui
d’Arawn, qui se livrent bataille après avoir transformé les hommes de leur
armée en arbres pour les rendre « invincibles ». De même, il existe
de nombreux héros, dans toutes les traditions, qui furent métamorphosés en arbre :
Narcisse, Daphné, Philgra, Phyllis, etc.
L’arbre étant l’image même de l’homme et de la vie humaine, il est naturellement un symbole
“sexué”. Mais sont symbolisme est sexuellement ambivalent : il peut être une image de l’androgyne initial, une image masculine virile et phallique, ou
encore une image féminine de la fécondité par ses fruits. Nous verrons plus précisément par la suite
tous ces aspects pour le chêne. L’arbre est donc une image de l’homme, mais pas de n’importe quel
homme : en effet ne peuvent s’identifier à l’arbre que les héros, les demi-dieux qui ont retrouvé
l’état primordial dans l’être et qui ne sont plus soumis à la mort.

L’arbre et la mort
Plus qu’un symbole acquis pour l’homme, l’arbre tend donc à représenter le but d’une
conquête. Le but de cette conquête étant l’état primordial, qui se situe hors du devenir et donc
hors de la corruptibilité. L’arbre est porteur d’immortalité, le plus généralement par ses fruits,
et ce thème revient dans de nombreuses mythologies : les pommes d’or des Hespérides,
d’Avallon et de la déesse Idunn (Eddas), la Toison d’or des Argonautes, le rameau d’or de Virgile, et
même l’Arbre de la Vie du Paradis. Pour une partie de ces récits, le fait de retirer les fruits provoque la vieillesse des Dieux, l’immortalité était donc ici déjà acquise : dans la Skaldaskaparmal , le dieu
Loki vole les pommes d’or d’Idunn pour s’acquitter d’une dette auprès du géant Thjazi;
aussitôt après, tous les Dieux d’Asgard, qui étaient jusqu’alors immortels,
commencent à vieillir et doivent, pour se délivrer de la mort, reconquérir les
pommes chez les géants de Jötunheimr. Pour l’autre partie des récits cités, il
s’agit d’un homme, un héros, qui, par ses exploits, conquière l’immortalité qui se trouve
dans un arbre (dans l’être) : ainsi, après s’être délivré des griffes de Médée (le monde du
devenir), Jason part à la tête de ses Argonautes pour conquérir la Toison d’Or. Après avoir vaincu lui aussi un géant, il tue le dragon qui protège le chêne où se trouve la Toison d’Or. Celle-ci possédée, il devient immortel. Il est intéressant de noter également que l’Ambroisie grecque, cette boisson divine, élixir de vie éternelle et d’immortalité, est constituée donc l’image de notre vie humaine et l’image de cette incorruptibilité qu’elle doit
atteindre. Nous verrons plus tard dans quelle mesure ce symbolisme se retrouve chez le chêne.
Avant de nous pencher sur le symbolisme propre au seul chêne, qui spécifie ce symbolisme
général, nous pouvons conclure cette première partie en citant Gérard de Champeaux : de la sève d’un « arbre magique ». L’arbre est « L’arbre, c’est à la fois le mystère de la verticalisation,
de la prodigieuse croissance vers le ciel, de la perpétuelle régénération; c’est non seulement l’expansion de la vie, mais encore la constante victoire sur la mort ; c’est l’expression parfaite
du mystère de la vie qui est la réalité sacrale ducosmos. »
L’arbre de la force - La force des Dieux La force bénéfique
Le Chêne était très intimement lié à une idée de
force et de dureté, tant physiques que “morales”
comme en témoignent les noms latin de robur,
littéralement « force » [NDLR : auquel est
associée la « robustesse »], et petraea : de
« pierre ». Il se présentait comme l’incarnation
de la force divine fulgurante, cette force d’action
propre aux dieux guerriers. Son fruit également,
comme l’indique le Dictionnaire des symboles,
représentait la puissance de l’esprit. Tout ceci fait du chêne l’arbre des dieux guerriers dont les attributs – autres symboles de cette force – sont généralement la foudre, qu’il est réputé attirer, et le marteau. Pour les Celtes, il était associé à Toutatis, pour les Germains à Donar-Thor, pour les
Romains à Jupiter, et pour les Grecs à Zeus.
De même la massue d’Hercule-Heraklès était en chêne. Il était également
l’arbre du solstice d’été qui fut fêté par toutes les traditions d’Europe : c’était
la fête du soleil triomphant, le Sol Invictus romain, et
donc la fête de cette force divine ouranienne qui
avait vaincu les forces obscures. Il était donc le symbole d’une force divine qui a triomphé du
chaos et a ainsi permis la vie. Cette force apparaissait tout à fait bénéfique aux hommes qui
pouvaient l’invoquer pour retrouver cette aptitude divine à agir de façon juste. De là venaient les
expressions appelant cette force en aide : « Par Jupiter… », « Par le marteau de Thor… » et pour
le moyen âge « Par Dieu… » [NDLR : dont la
signification a été diminuée dans l’interjection moderne « Pardi! »].
La force écrasante
Le chêne fut donc l’incarnation d’une force, d’une puissance divine. Par sa nature divine même, cette force était supérieure aux hommes et n’était donc pas sans danger pour eux. En effet la
force divine pouvait écraser les hommes qui entraient en contact avec elle mais n’étaient pas
assez forts pour la maîtriser. Seuls pouvaient lui résister les héros et les initiés qui avaient déjà
éprouvé mille dangers lors des combats, ou au cours d’une quête initiatique. Ceci fut illustré de
façon claire dans l’épopée finlandaise du Kalevala, où un « chêne funeste » finit par sa
puissance et sa majesté par éliminer progressivement toute autre forme de vie :
« Il arrêta le vol des nues, La course des flocons légers,
Il voilà les feux du soleil, Empêcha la lune de luire. »
Seul un héros réussit à l’abattre et le chêne devint alors bénéfique :
« Quiconque en cueillit un rameau Reçut un bonheur éternel;
Eut un art magique éternel; Quiconque emporta quelque branche
Jouit d’un amour éternel. » Ainsi, cette force divine peut-elle, et même
doit-elle être domptée par les hommes qui ne désirent plus la subir mais s’en servir : telle sera le
but des conquêtes héroïques et des quêtes initiatiques.
L’arbre de la force - La force des hommes
La force du guerrier Nous retrouvons donc une fonction symbolique de but, de résultat d’une quête dans l’image du chêne. Il s’agit pour le héros de
conquérir cette force fulgurante que représente le chêne et de la maîtriser afin de devenir
« invincible ». S’il ne la dompte pas, il sera l’esclave des Dieux et subira la force symbolique
du chêne comme il est rapporté dans le Kalevala. Dans son livre La Force des Celtes (Michel
Lafon, 1996), Philip Carr-Gomm nous rappelle qu’il existait une pratique chez ce peuple qui
consistait en un « échange » rituel d’énergie entre les arbres et les hommes. Le chêne étant l’arbre de la puissance, il était destiné en priorité aux guerriers. Ceux-ci entraient alors dans des transes
guerrières comparables à celles du héros celte Cuchulainn. Nous pouvons également rappeler
que Virgile décrit les premiers habitants des bords du Tibre, là où fut fondée Rome, comme des
féroces guerriers qui étaient d’une « race sortie du
tronc de chênes durs ». Autre forme de l’investissement de la force du chêne en l’homme, est celle que nous retrouvons avec saint Louis. Celui-ci rendait symboliquement
justice sous un chêne, afin de mieux recevoir cette capacité divine à trancher le juste du faux, l’acte de décision ne durant finalement que le temps d’un
éclair. Tous ces échanges expliquent également la forte identification de l’homme au chêne : le chêne était l’image du guerrier accompli et du sage, comme nous le verrons plus tard.
La force des femmes Le chêne était aussi symboliquement l’habitat
d’entités féminines : les Dryades et les Hamadryades. Dans la tradition grecque, ces
nymphes étaient liées à un chêne, et leur vie s’achevait en même temps que celui-ci : elles
étaient entièrement vouées au chêne qui leur était destiné. Au-delà d’un antagonisme apparent des symboles masculins/guerriers et féminins, il est possible de faire un rapprochement entre les
Dryades et l’entité que les Nordiques appellent la fylgja. Celle-ci était entièrement vouée à un
guerrier, de la même façon que la Dryade l’est au chêne, et constituait en quelque sorte le double de celui-ci. P.-G. Sansonetti définit la fylgja comme
« l’apparition d’une force ouranienne
étincelante » que le héros doit « posséder »comme Siegfried le fit de Brunhilde. Ainsi, les
Dryades peuvent-elles être regardées comme le pendant grecque de la fylgja, et ainsi représenter la force décrite plus haut, que le guerrier doit s’approprier. Mais cette association à des entités
féminines rappelle que le chêne, principalement au travers de ses fruits, fut également un symbole de fécondité. La femme conçue comme « matrice universelle » fut donc naturellement associée au
chêne. Le chêne fut donc l’incarnation d’une force divine ouranienne et fulgurante que le héros se doit de maîtriser. Il fut également l’image de la fécondité du monde. Mais son symbolisme ne
s’arrêtait pas là puisqu’il fut également symbole de sagesse.
L’arbre de la sagesse - L’arbre de la caste sacerdotale
L’arbre des prêtres Comme nous l’avons
vu, la société traditionnelle se divisait en trois castes dont les fonctions étaient
différentes au sein de la société. La caste temporelle était celle des guerriers (les
rois) qui trouvait le moteur de son action dans la caste sacerdotale. Cette dernière
était la véritable détentrice du savoir et de la sagesse, surtout pour les civilisations qui avaient une
tradition orale. Réputée d’origine divine, cette tradition remontait à la nuit
des temps et son respect semblait ne jamais pouvoir être remis en cause.
Elle était à l’image de ces chênes que nous décrit Jules César dans la Guerre des Gaules : d'origine
immémoriale et immortelle. Mais la caste sacerdotale ne se cantonnait pas uniquement à
l’exécution des rites : bien souvent, elle se mêlait à la bataille avec les guerriers. Elle associait donc
parfaitement le double symbolisme du chêne : la force et la sagesse. Il est intéressant à cet égard de rappeler que Pline dans ses Histoires naturelles, fait remonter l’origine du mot « druide » au grecdrus et que P. Carr-Comm la fait remonter au mot gaulois dervo qui signifie également « chêne».
Cette caste qui existait dans toute les peuplades d’Europe (les jarls germaniques, les nombreux
prêtres et prêtresses gréco-romaines, par exemple ceux de Dodone en Grèce, les druides gaulois,
etc.) développa particulièrement la symbolique du chêne, du fait même de sa fonction, et veilla à sa juste utilisation dans tous les rites et cultes.
Le culte Tous les prêtres officiaient en présence de chênes : la forêt faisait office de temple (les
« futaies-cathédrales ») pour les Germains qui consacraient des forêts entières aux seuls rites,
pour les Grecs qui consultaient les prêtres dans les chênaies de Dodone43 et officiaient coiffés de
couronnes de chêne, et pour les Celtes qui officiaient dans les nemetons, ces clairières
sacrées au milieux des forêts de chênes. Le gui s’ajoutait au chêne lorsque le symbole
imageait la sagesse. Quand le gui poussait sur le chêne (ce qui est assez rare), il
était considéré comme le « bois de la science
sacrée » que les druides récoltaient de façon rituelle,
comme le rapporte Pline dans ces Histoires
Naturelles (16, 249) : « Après avoir préparé un sacrifice au pied de l’arbre, on amène deux
taureaux blancs dont les cornes sont liées pour la première fois. Vêtu d’une robe blanche, le prêtre
monte à l’arbre, coupe avec une faucille d’or le gui qui est recueilli dans un linge blanc. Ils immolent alors les victimes en priant la divinité de rendre ce sacrifice
profitable à ceux pour qui il est offert. ». Le chêne était le symbole de la sagesse du fait de sa
longévité : il est l’image du vieux sage. Le gui est plus précisément l’image de cette sagesse toujours verte, inaltérable, malgré le temps qui passe et la vieillesse de celui qui en est le porteur. Mais il est également lié à cette caste par le fait qu’il est le symbole de l’illumination divine.
L’arbre de la sagesse - L’arbre de l’illumination
L’illumination fulgurante
Comme le fait remarquer P. Carr-Gomm,
« Le chêne, souvent frappé par la foudre, s’est vu investir [chez les Celtes] de la capacité à
recevoir de soudaines illuminations divines. Il est donc un point de contact privilégié vers
l’Autre Monde ». Cette capacité à recevoir l’illumination divine n’arrive que lorsque l’homme a accumulé suffisamment de force en lui pour arriver à un point de rupture de la conscience
ordinaire. Le fait de se faire frapper par la foudre correspond alors à cette soudaine rupture
ontologique de niveau qui permet de rentrer en contact avec des vérités supérieures et divines.
Tous les rites antiques servaient donc à accumuler cette force pour parvenir à l’illumination. Ainsi,
dans la Grèce antique, à Dodone en Epire, existait un oracle de Zeus très célèbre. Les prêtres y
interprétaient le bruit du vent dans les feuilles de chêne et Ulysse y alla demander conseil avant de
rentrer chez lui en pays d’Ithaque. Ici les prêtres sont entourés de chênes pour favoriser cette
réception de la foudre divine et leurs visions leur permet de conseiller les hommes sur leur façon
d’agir dans le futur. Le chêne était donc à la fois un “outil” et un symbole des illuminations et des
visions divines.
Dans d’autres traditions, le même symbolisme existe sous une forme à peine différente : une source coule du pied d’un chêne, et le simple fait de boire l’eau de cette source apporte l’illumination et la vision divine du monde. Ainsi en est-il dans la tradition nordique, selon laquelle Odhinn but à la source de l’Arbre du Monde pour acquérir la
connaissance divine. Ce thème se retrouve dans le symbolisme alchimique, où le chêne joue un rôle prépondérant : il apparaît sous la forme du « Vieux Chêne creux », d’où sourd « un
ruisseaux d’eau vive » qui n’est pas une simple eau de rivière, mais l’eau de la « Fontaine
mystérieuse », celle que recherchent tous les alchimistes. C’est ce qu’ils nomment « l’eau
sèche », qui « ne mouille pas les mains », le précieux « dissolvant universel », indispensable à
la réalisation de l’oeuvre, de la vision divine, en un mot le « Mercure des sages ». Ainsi, Fulcanelli
révèle que « le vieux Chêne hermétique sert de mère au mercure secret », il est l’« athanor »
alchimique, que le Dictionnaire des Symboles définit comme « la matrice où s’opère la
gestation de l’or philosophal ». Ce symbolisme alchimique se retrouve dans toute la littérature
médiévale qui traite du Graal et dans laquelle il est souvent fait référence à la fontaine de Barenton
qui, selon J. Markale, se trouve au fond de la forêt de Brocéliande et qui coule au pied d’un
chêne. Le chêne symbolisait donc également, en matière de sagesse, un but à atteindre, un état à
découvrir qui apportait instantanément une illumination divine : il symbolisait le seuil vers le monde des Dieux.
Conclusion
Le chêne fut tout à la fois le symbole du cosmos et de l’axe du monde, de l’être, de la vie et
de l’immortalité. Mais il fut également l’arbre de la force du guerrier et de la force du sage. Pour
toutes les civilisations auxquelles nous avons fait référence, il fut perçu par tous les hommes comme un message divin, et sa symbolique était inséparable des Dieux et du sacré.
Dans un rite, chaque geste est d’une importance capitale et “contraint” les Dieux à nous
écouter. N’oublions pas ce qu’est le chêne quand nous jetons un rameau dans le bûcher pour la
gloire du soleil invaincu.
Hartmann Gauma
23 mars 2005
Photos de la dernière randonnée dans le Freiburgerland
27 février 2005


20 février 2005
16 janvier 2005
Photos de la dernière randonnée dans la Vallée de Joux
04 janvier 2005
Galerie: Peintures
26 décembre 2004
Suite des photos "randonnées"
Quelques photos de mes randonnées en montagne
Voici quelques photos de quelques-unes de mes randonnées en montagne! C'est plus qu'un hobby pour moi c'est une passion!
25 décembre 2004
Mon Freiburgerland!
Freiburgerland et ville de Fribourg

Je
vais ici vous présenter avec le plus grand des plaisirs ma patrie
charnelle, la seule terre qui provoque la nostalgie en moi lorsque j'en
suis éloigné ! C'est le seul coin de terre dont je puisse
réellement me réclamer patriote ! Cette région est le
Freiburgerland (Pays de Fribourg)
Situé à l'Est du de
Etre
identitaire c'est cela, sentir un lien invisible, un attachement pour
son sol, son peuple, sa région ! S'y sentir bien et avoir
l'impression de connaître chaque arbre de chaque forêt !
Je
ne me sens pas seulement attaché à la campagne de ce canton, mais
aussi, chose plus rare, à la ville pluriséculaire qui en est le
chef-lieu ! Cette petite ville (40 000 habitants) à su garder son
charme malgré les récents assauts du modernisme et du cosmopolitisme
annihilant !

La
population autochtone Fribourgeoise, est quelque peu hétéroclyte car
elle a subit diverse influences ethniques, tiraillé entre Germaniques
et latins une grande partie de la population est de type Alpin et
certains porte encore en eux les traces de la présence Romaine
Antique ! A l'inverse d'autres porte en eux l'héritage Germanique
des tribus Burgondes et Allamanes qui y étaient installés avant la
christianisation du canton ! Bien sûr sans parler des nombreux
fribourgeois qui ne sont pas Bourgeois de Fribourg depuis plus de 200
ans (St-Gall pour ma part) ce qui peut bien sûr modifier l'aspect
général de la population ! Mais tous ces mélanges font justement
la richesse de l'Europe ! Car tous ces peuples sont des peuples
frères ayant une origine ou un substrat commun !

Histoire de la ville et du canton de Fribourg
Fribourg : une ville à la croisée des civilisations
Dès son origine aux confins de deux influences, Fribourg naît dans la seconde moitié du XIIe siècle de la volonté d'un prince germanique, dont la famille est étroitement mêlée à l'histoire du royaume de Bourgogne.
Bourgogne et Saint Empire autour de l'An Mil
Créé en 888 par Rodolphe Ier et agrandi par Rodolphe II en 934, le second royaume de Bourgogne résulte de la fusion de deux importants territoires :
Du
duché de Souabe sont originaires les Zaehringen qui, en lutte avec une
autre famille princière, les Hohenstaufen, choisissent de s'établir
dans leurs possessions du Brisgau où Berthold II crée un château fort
allodial (Zaehringen) et fonde l'abbaye de St. Peter en Forêt-Noire
(1093). Par son épouse Agnès, nièce de l'empereur, il étend sa zone
d'influence en direction de
Mais
la concurrence des Hohenstaufen demeure et les Zaehringen cherchent à
renforcer leurs positions grâce à la création de villes. C'est ainsi
que le fils de Berthold II, Conrad, fonde Fribourg-en-Brisgau en 1120.
Quelques années plus tard, soit en 1127, l'empereur le nomme recteur
(administrateur) de
Le
fils de Conrad, Berthold IV, hérite des possessions de son père, en
même temps que de la fonction de recteur. Le mariage de Frédéric
Barberousse avec Béatrice de Bourgogne le met pourtant dans la délicate
situation d'être à la fois vassal de l'empereur et suzerain de
l'impératrice, ce qui l'amène à renoncer à
En
voyage dans la région, sans doute pour mettre de l'ordre dans ses
possessions et tenant compte d'un « ensemble de considérations
politiques, militaires, géographiques et économiques », Berthold
IV choisit une terrasse surplombant
La destinée de Fribourg change à la mort de son fondateur (1186) : de point d'appui, la ville devient limite ouest de l'influence des Zaehringen face à l'évêque de Lausanne et aux ducs de Savoie. Berthold V, qui entre-temps a fondé Berne (1191), la léguera, en 1218, à sa soeur Anne, épouse d'Ulrich de Kibourg.
Adaptant les anciennes franchises des Zaehringen, les Kibourg octroient aux Fribourgeois une charte communale :

1481 Entrée de Fribourg dans
Pendant
près de deux siècles, Fribourg est sous la domination des Habsbourg
(1277-1452). De nombreuses vicissitudes, tant militaires que
politiques, marqueront cette période. Mais la cité des bords de
Mais dès le milieu du XVe siècle, la situation politique se dégrade. Fidèles de

Au cours des XVe et XVIe
siècles, Fribourg va se constituer un territoire pratiquement définitif
en acquérant plusieurs seigneuries et villages, en participant à la
conquête du Pays de Vaud (1536) et, toujours en compagnie de Berne, à
la dissolution et au partage du Comté de Gruyère (1554-1555). En
politique extérieure, Fribourg adopte une attitude modérée, influencée
par
Grâce à la fabrication et au commerce des lames de faux, des cuirs et surtout des draps, Fribourg connaît, sur le plan économique, une très grande prospérité. Les marchands fribourgeois sont au rendez-vous des grandes foires, notamment à Genève et Zurzach, et bénéficient également des avantages que constitue l'axe du Gothard, ouvert dès le XIIIe siècle. Mais au début des Temps modernes, la conjonction de plusieurs facteurs - baisse dans la qualité de production, guerres, mercenariat, développement de nouvelles voies commerciales, Réforme protestante, etc. - provoque le déclin de son industrie.
Sur le plan artistique, les arts connaissent aux XVIe et XVIIe
siècles un brillant développement avec entre autres les œuvres des
sculpteurs H. Geiler et H. Gieng (fontaines Renaissance), du peintre H.
Fries, auteur de nombreux retables, sans oublier les créations de
l'atelier des frères Reyff qui contribuèrent également à façonner
l'image du « Fribourg artistique ». C'est aussi le temps de
Le « symbole » si on peut l'appeler comme ça de Fribourg est la cathédrale de St-Nicolas d'une hauteur de

Histoire brève du canton
Antiquité :
Territoire celte, le canton de Fribourg passe en même temps que le plateau suisse sous la domination de Rome. Les quatre siècles de cette domination ont laissé des traces physiques et culturelles suffisamment profondes pour marquer encore aujourd'hui le canton.
Ces
traces, la langue en est la manifestation la plus évidente, s'ajoutent
sans entièrement les effacer à celles laissées par les Celtes
(l'artisanat) et leurs prédécesseurs depuis les premiers chasseurs (la
chasse, la cueillette) et les premiers paysans (la culture, l'élevage
et les premiers métiers).

Moyen-âge
Du V e au XI e siècle, le Haut Moyen Age voit naître une civilisation propre à l'Europe occidentale, chrétienne et féodale avant tout. Le territoire fribourgeois est englobé dans cet espace culturel en construction mais, pour la première fois peut-être, une élite régionale s'affirme et crée des pôles de pouvoir (le château, le couvent, l'église) qui commencent à donner au futur canton une structure politique qui lui soit propre.
Dès le XII e siècle,
la renaissance médiévale, accélération plus que rupture, place le
canton au cœur d'une Europe avec laquelle les liens et les
correspondances sont nombreux. Une ville marchande s'impose peu à peu à
ses petites voisines et remplace les seigneurs féodaux comme suzeraine,
avant de se dégager d'une longue vassalité et entraîner tous ses
bailliages vers l'indépendance et l'adhésion à la ligue des cantons
suisses.
La christianisation
La conversion des Burgondes vers 500 et de leur roi Sigismond, fondateur de l'Abbaye de Saint-Maurice en
Voilà pour les origines du canton je fais bref pour ne pas me retrouver avec un immense texte interminable !

La campagne Fribourgeoise
La campagne Fribourgeoise est un ensemble de petits villages de petites forêts et de montagne quand on s'approche de


La désalpe
Toujours
dans les traditions, la désalpe mondialement connue elle se passe en
Gruyère c'est le fait de descendre les vaches de l'alpage pour qu'elle
puisse passer l'hiver en plaine à cette occasion tous (vaches comme
armaillis) revêtent leurs plus beaux atours et entâmes la descente de
l'alpage («




La
nature Fribourgeoise est composée principalement de montagnes, de lacs,
de petites forêts et de champs ! Elle est pour le moment assez
préservé bien que le béton soit présent de plus en plus dans les
campagnes (avec ce qu'il « emmène » avec lui, les initiés
comprendront) ! Certaines constructions pourtant sont fais dans le
respect de la nature comme ce pont très moderne en bois qui ne fait pas
trop tâche dans le paysage (qui a parlé d'archéofuturisme ?)

Autrement
le canton de Fribourg (surtout les préalpes et les lacs) est une région
région idéale et idyllique pour faire des randonnées et pour les plus
intrépides il y a mêmes quelques sommets qui si on ne fait pas
attention peuvent être très dangereux (j'en sais quelque chose, j'ai
failli y laisser ma vie, au Vanil Noir, le plus haut sommet
Fribourgeois pour ceux qui connaissent). Je ne puis que vous encouragez
de venir découvrir ma région ou pour les Fribourgeois de découvrir leur
propre région ! Je vais donc vous montrer ici (et je vais terminer
par ça) des images sublimes des coins de ce canton !

















Ce pont a été réparé par mon père lorsqu'il était en Apprentissage de Charpentier !


